- Catégorie : livre
- Titre : Les refuges
- Auteur : Jérôme Loubry
L’échappée #21 a été périlleuse : quelle réflexion peut-on sortir d’un concert ? Un concert, on le vit, on l’écoute, on le ressent. Il n’y a pas forcément de message. Surtout dans un concert acoustique sans chant.
Un article sans spoil est-ce possible ?
Nouvel exercice d’acrobate : vous parlez d’un polar génial sans tout spoiler… Autant vous dire que l’article va être assez court ! Car tout l’intérêt d’un polar ou d’un thriller, c’est de se laisser surprendre. Et moins vous aurez trouvé par vous-même la fin, meilleur sera le roman.
Et Les refuges est un excellent livre pour ça ! J’ai été bluffé jusqu’au bout.
Alors pour ne pas trop spoiler, je vous remets les éléments de l’éditeur:
Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…
Et dans cette dernière phrase, on sent qu’il va se passer bien plus que ce que cette simple présentation raconte !
Un booktrailer a été réalisé et j’avoue que je me suis faite happée en le voyant :
Ce livre est une matriochka d’histoires. Quand tu penses avoir compris une histoire, tu réalises qu’il y en a encore une autre à l’intérieur ou peut-être qui enveloppe celle-ci. Un petit coup d’Inception où on n’arrive plus à savoir ce qui est vrai ou faux, vécu ou imaginé, rêvé ou historique…
L’auteur a une réflexion intéressante autour des refuges qu’on peut se crée (principe du titre, t’as vu ?!). Pour lui, on se cache tous plus ou moins derrière des refuges. Un simple sourire peut cacher un mal-être profond ou une vérité qui dérange et qu’on ne veut pas révéler. On met donc en place tout un tas de stratégie derrière lesquelles se cacher. Et tout le roman tourne autour de cette idée.
C’est tout bonnement renversant. Jusqu’au bout.
Petit détail qui peut freiner ou au contraire donner envie, c’est un peu glauque avec des trucs qu’on a pas trop envie d’imaginer autour des enfants. Je n’en dis pas plus…
Courez l’acheter en librairie car vraiment ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un aussi bon polar. Et je ne suis pas la seule à être bluffée car ce roman a reçu le Prix Cognac du meilleur roman francophone. Oui Madame !