- Catégorie : livre / série
- Titre : Le sorceleur (The Witcher)
- Auteur : Andrzej Sapkowski
Un 1er janvier malade sous la couette m’a donné l’occasion de dévorer la série tant attendue de The witcher. Quelques jours de repos supplémentaires m’ont permis de dévorer le tome 1 de la série d’Andrzej Sapkowski. Et c’est trop bien !!!
L’histoire
Geralt de Riv est un sorceleur, c’est-à-dire un mutant ultra badass qui chasse et tue les monstres et se fait payer pour ça.
Dans le tome 1, on nous raconte certaines de ces aventures et rencontres avec des monstres. On commence à nous mettre en place l’intrigue.
Dans la série, forcément ça va plus vite. On nous raconte plus en détail son histoire d’amour avec la sorcière Yennefer. Et on nous parle également du destin de la jeune Ciri de Cintra, obligée de s’enfuir du palais de sa grand-mère qui est attaqué.
Je vous laisse la bande annonce
Mon avis
Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu et vu de la fantasy aussi bonne ! Dernièrement, il y avait eu Carnival Row qui m’avait bien séduite par son univers et ce qu’on pouvait en tirer mais j’avais été un peu déçue par l’histoire somme toute simplette (sans spoil, je vous en parle dans mon échappée #15). Ici c’est hyper bien réalisé, les décors et costumes sont chouettes, les effets spéciaux réussis et l’intrigue est vraiment complexe. Il y a plein de choses dans la série et je sens qu’il va y en avoir encore plus dans les livres ! Et j’ai hâte !!!
Réflexions
Le personnage de Geralt
D’abord, ce qui m’a beaucoup plu c’est le personnage de Geralt.
Je vous vois venir… Oui Henry Cavill est vraiment sexy et plus que de raison à moitié à poil dans cette première saison ce qui fait largement profiter de sa carrure. Même si avouons-le, là, c’est trop massif ! Mais bon, l’œil s’habitue à tout ! eheheheh
Non, ce qui me plait, et qui est beaucoup plus développé dans le livre que dans la série, c’est le code d’honneur et moral de Geralt.
En effet, Geralt est un personnage complexe. Je vais plutôt m’appuyer sur le livre plutôt que sur la série où objectivement, il est plutôt ténébreux, mystérieux, silencieux ou alors dit quelques mots de sa voix hyper grave et sexy et chaude et… pardon je m’égare !
Or donc, dans le livre, Geralt a une intelligence de situation : il sait être patient avec des paysans pour obtenir des informations sur un montre, ou rentrer dans le mou de petits chefaillons, ou carrément défoncer la gueule de connards qui l’attaquent… J’aime aussi beaucoup les moments où il s’ouvre auprès de ses amis. Il a des doutes, des angoisses, des regrets comme tout le monde, même si la plupart du temps il ne doit rien montrer, ni partager. il doit être dur et fort (masculinité toxique quand tu nous tiens ! Echappée #25 sur Tu seras un homme féministe mon fils). Alors il sert les dents, mais parfois, il se laisse aller à des confidences quand il se sent en sécurité. Et c’est attendrissant !
En parallèle de ça, il a un code d’honneur très fort. Sans être comparable à un code de chevalerie, Geralt a son propre code, alors que les sorceleurs n’en ont pas au niveau de leur guilde. Geralt se l’ait créé lui-même. Dans le principe, il ne tue que les monstres qui nuisent aux gens. Si c’est une bestiole qui vit sa vie sans embêter personne, il refuse de s’y attaquer. Et il ne tue pas plus les humains, sauf si on l’attaque et qu’il y ait contraint. Egalement, même si son métier consiste à être payer pour tuer des monstres, il se refuse à être un tueur à gage. Quitte à devoir tenir tête à la reine de Cintra qui souhaite l’engager pour ce genre de travail. Non, il est droit dans ses bottes et le reste.
On a donc un être condamné à la solitude et à l’errance (même si parfois le barde Jaskier l’accompagne dans ses aventures). En tant que mutant, il n’est pas totalement accepté par les humains : tantôt craint, tantôt humilié, il en prend quand même plein la tronche. Alors il apprend à faire avec.
La disparition d’une époque
Un des sujets qui revient dans le tome 1 est la disparition d’un monde tel qu’on le connait et les choix qui s’offrent aux espèces menacées. Par exemple, le métier même de Geralt est paradoxal : son objectif ultime est de nettoyer la Terre de tous ses monstres; mais une fois sa tâche réalisée, il n’aura plus rien à faire et perdra son utilité au vue de la société. Comme en plus il a été éduqué pour cette tâche uniquement, difficile de penser à une réinsertion dans le civil !
Alors Geralt s’interroge sur son avenir…
Idem pour les elfes. Les elfes se sont faits chasser de leurs terres par les Hommes. Ils n’ont eu que peu d’options : fuir et mourir à petit feu ou être assimilé dans un monde ingrat. Leur fierté en a empêché beaucoup de s’intégrer parmi les Hommes car ils savent que cette « assimilation » ne sera pas parfaite. En effet, on continue de ne pas traiter les elfes comme des égaux et les enfants de sang mêlés (moitié humain, moitié elfe) sont moqués et rejetés. On comprend que ça ne soit pas si facile d’abandonner sa culture et ses traditions pour épouser une nouvelle société qui en plus ne vous acceptera pas comme vous êtes. Alors la deuxième option s’est de résister sur le peu de terre qui reste, reclus au bout du monde, voué à l’extinction car on ne peut survivre en autarcie.
Geralt a un échange intéressant avec un elfe. En effet, clairement, en tant que mutant, il n’est pas considéré comme « normal » par les Hommes, mais il a décidé de s’intégrer tant bien que mal en s’adaptant.
On est proche de la théorie de Darwin : s’adapter ou mourir.
Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.
Charles Darwin
La double consommation du livre et de son adaptation
J’aimerais m’éloigner ici de l’histoire du Sorceleur pour parler un peu consommateur (bouh le vilain mot !). Un consommateur est d’abord un être humain. Et ce qui m’a plu dans le marketing, c’est l’étude de ces humains dans la consommation. On est à mi chemin entre la psychologie et la sociologie, deux sujets qui m’intéressent fortement.
Et si je vous parle de tout ça, c’est que regarder la série The Witcher et me plonger dans le livre m’ont rappelé mon sujet de mémoire de fin d’étude : l’impact sur la satisfaction finale du consommateur de la double consommation du livre et de son adaptation audiovisuelle. En gros, qu’est-ce que ça fait au consommateur de lire un livre et regarder l’adaptation. On pourrait penser par exemple que voir une mauvaise adaptation d’un livre qu’on adore pourrait jouer négativement. Et bien mon étude a montré que non, au contraire, cela renforce la satisfaction qu’on avait du livre, en se disant encore plus « ah qu’est-ce qu’il était bien ce livre quand même ».
Dans notre cas ici, c’est une consommation inversée, à savoir l’adaptation d’abord et le livre ensuite. Et là, c’est assez évident que bien sûr la satisfaction finale est plus importante ! Si j’ai voulu lire le livre, c’est parce que j’avais beaucoup aimé la série et son univers. En lisant le livre, j’ai découvert un univers plus riche, des personnages plus complexes. Et surtout, je prolonge l’univers d’au moins 7 tomes avant de tomber en manque et de devoir attendre la nouvelle saison ! Et ça, c’est trop chouette !
Donc joie bonheur, j’ai encore 6 tomes à lire !
En conclusion
The witcher est une très belle série Netflix, avec un univers très riche et une réalisation très réussie. Quant au livre, on est gâté : une belle écriture, agréable, un peu technique mais pas trop avec un vocabulaire riche mais accessible. On est loin des clichés qu’on peut avoir en fantasy. Vous savez le pauvre orphelin recueilli dans la garde du roi qui très vite adopte un loup et un faucon et un dragon et une licorne… relou. Là on a un personnage complexe, droit mais violent, fort mais parfois dans le doute, intelligent mais faisant parfois les mauvais choix… Bref un humain. D’ailleurs, une des prêtresses lui fait remarquer qu’à force d’être en quête d’humanité, il fait trop souvent des erreurs d’humain qu’un sorceleur ne fait pas et qui pourrait lui coûter la vie. Jusqu’où est-on prêt à aller pour fuir la condition qui nous a été imposée dans notre enfance ? Encore un autre sujet de réflexion !
PS : je n’ai pas parlé du jeu vidéo autour de la série car je ne suis pas gameuse et ne l’ai pas testé mais les gifs qui en sont tirés sont très drôles !