Echappées, Série

Echappée #71 : Upload

  • Catégorie : série
  • Titre : Upload
  • Casting : Robbie Amell, Andy Allo

Petite découverte, dévorée en une soirée, Upload mêle technologie et vie après la mort !

L’histoire

Nathan Brown, beau gosse geek a tout pour réussir : un job intense qui paie bien, une famille aimante, une magnifique copine quoi qu’un peu stupide, Ingrid. La vie parfaite de Playboy ! Jusqu’à ce qu’il ait un accident avec une voiture automatisée (car oui on est dans le futur !). Aux urgences, il a le choix entre se faire opérer et peut-être mourir sur le billard ou se faire « uploader ».

Le principe de l’upload c’est qu’on prend votre esprit et on le charge dans un monde virtuel, comme dans un cloud.

Nathan va donc être téléchargé dans le « paradis virtuel » de la famille fortunée d’Ingrid et découvrir ce monde créé de toute pièce, son fonctionnement, ses occupants et ses bugs ! Heureusement, son « ange » Nora, opératrice vivante du service client, est là pour l’accompagner et satisfaire ses demandes.

On oscille entre monde réel et monde virtuel, entre humour et drame car on va très vite se rendre compte que Nathan n’est peut-être pas mort d’un simple accident !

Cette petite série (1 saison de 10 épisodes de 20-30 minutes pour le moment) m’a totalement emballée ! Humour, amour, suspens, émotions… Le cocktail gagnant avec un univers futuriste très sympa. Et vous vous en doutez, si je vous en parle c’est qu’au-delà de l’histoire, il y en a bien plus à dire !

Réflexions

Que reste-t-il après la mort ?

La question que pose cette série c’est de savoir ce qu’on devient après la mort. Certains, antitech dans la série, refusent par exemple d’être uploadés car croyant au paradis. Se retrouver dans ces paradis virtuels les maintiendrait dans une sorte de vie artificielle. Déjà c’est pour l’éternité et surtout ce n’était pas vraiment eux ou leur âme qui se trouve ici.

Qu’est-ce qui fait ce que l’on est ? Est-ce seulement les souvenirs; qu’un jour on arrivera peut-être à mettre sur un disque dur et à uploader ? Ne sommes-nous qu’une somme de datas qui une fois agglomérées font notre spécificité humaine ? Serions-nous dès lors une personnalité qu’on paramètre ? Ou manquerait-il quelque chose, un élan, une âme ?

Qu’est-ce qui fait qu’on est là et vivant et existant en tant que tel ? Si on configure correctement un robot ou une IA avec vos traits de personnalité, est-ce vous pour autant ?

J’aurais tendance à dire que ce qui nous définit c’est le truc qui se passe dans le cerveau. La preuve, si votre cœur bat toujours mais que votre cerveau est cuit, vous n’êtes plus considéré comme vivant. Bon plus non plus si le cœur s’arrête dans l’absolu puisqu’on arrête d’irriguer le cerveau qui du coup meurt… Encore que, on peut vous laisser sous l’aide d’une machine c’est discutable… Bref c’est le bordel !

Mais c’est fascinant de se dire qu’il y a un truc dans le cerveau qui va faire ce que vous êtes… Et c’est vertigineux de se demander où ça va quand la mécanique lâche…

La science pour prolonger la vie

Heureusement, il y a la science pour nous sauver ! Bon je ne vais surprendre personne en disant que grâce à elle, on vit plus longtemps. Mais là où ça devient intéressant (ou deviendra vu que nous ne vivons pas dans le monde d’Upload nous !), ça sera pour l’après.

Etape 1 : garder l’esprit en l’état pour plus tard. En effet, il faut garder quelque part ce qui fait ce que vous êtes, votre personnalité, vos traits de caractères, vos souvenirs… votre âme peut-être même. Imaginez la quantité de stockage que cela représenterait. Quand on voit déjà le nombre de serveurs nécessaires pour garder en mémoire la série de photos moches et floues prises avec notre téléphone depuis les 10 dernières années… ça va chauffer pour les pingouins moi je vous le dis !

Etape 2 : réintégrer l’âme dans un corps. L’idéal ça serait que ça soit le vôtre d’origine. Et pour ça, la science a déjà mis en place une solution : la cryogénisation ! Combien de films, séries ont basé leur scénario là-dessus ?

Toutefois, comme le souligne le professeur moustache dans l’épisode sur la cryogénisation de Tu mourras moins bête, ça n’est pas si simple et si anodin. Déjà il faut vous mettre un produit dans le sang, sorte d’antigel, pour éviter que vous ne ressembliez à la sortie à des lasagnes décongelées… Ensuite, on vous fait quelques trous dans le crâne pour éviter une trop forte pression du liquide. Enfin, on vous met la tête en bas pour qu’en cas de baisse de niveau, vous gardiez la tête froide ! Et à la sortie bonjour les dégâts ! Donc a priori c’est pas au point au point cette méthode

Reste alors l’option de vous réembarquer dans un autre corps. Et là c’est plus technique.

Tout ceci me parait très déroutant. Surtout au niveau des relations humaines.

Les relations entre morts et vivants

La série aborde la notion de relation entre morts et vivants avec Ingrid qui reste en couple avec Nathan alors qu’il n’est plus que virtuel. Elle utilise un casque de VR type Oculus et va jusqu’à mettre une étrange combinaison pour pouvoir bouger et sentir toutes les parties de son corps. Le principe du casque VR c’est qu’on voit un univers virtuel (qui peut être une reproduction de chez vous hein) dans laquelle on peut avancer et interagir. La réalité virtuelle permet d’intégrer également une image en 2D ou 3D dans une image réelle (Pokemon Go !). Donc vous pourriez voir le mort dans votre vie quotidienne.

Comment faire le deuil et avancer dans ces cas-là ? Je pense à la très belle vidéo Up’life réalisée par le Studio Bagel. Dans celle-ci, on suit Paul qui découvre VR Human, qui permet d’abord de charger l’image de quelqu’un, puis de parler avec elle, puis grâce à un gant permet le contact, puis qui permet d’avoir des rendez-vous galants, voire du sexe virtuel ! Et la vidéo prend un tournant surprenant quand on découvre qu’il pense à une jeune femme en particulier…

Le risque de ce genre de technologie est de se couper du réel pour vivre avec ceux et celles qui ne sont pas accessibles dans notre quotidien : trop loin, mort ou tout simplement inconnus…

L’autre question qui m’est venu en regardant la série c’est : qu’est-ce qui se passe quand on est pour l’éternité dans le cloud ? Déjà qui paie la facture ? Mais surtout comment on vit l’évolution de ses proches qui grandissent, vieillissent alors que vous vous ne changez pas, vous n’avez pas de nouvelles expériences ? Qu’est-ce qui se passe quand votre amour vivant meurt et n’a pas souscrit au même plan post vie que vous ?

En plus de la distance, il y a donc aussi une notion de temps à gérer. Et le temps ne passe pas de la même façon dans les paradis d’Upload

Avoir le budget pour la vie après la mort

La série dénonce une potentielle dérive des mondes virtuels : qu’ils ne soient que l’exacte réplique du réel… même au niveau des inégalités sociales. En effet, tout le monde n’a pas la chance de Nathan d’atterrir à son étage à Lakeview. Pour les pauvres, il y a la classe des pauvres avec un accès limité à tout… Pauvre un jour, pauvre toujours ! Et dans cette version là, il n’y a pas la possibilité de devenir un self made man ou de se sortir de sa condition. Un bon déterminisme social !

Le pendant de la mort merveilleuse de Nathan à Lakeview c’est qu’il dépend entièrement du bon vouloir d’Ingrid pour être maintenu en vie (étrange de dire ça pour un mort !) car c’est elle qui a le porte-monnaie. Relation sous la contrainte ? On aime ce genre de dérive capitaliste !

Le pire c’est que ça ne choque même pas que dans 50 ou 100 ans, on en soit encore là… Même dans la mort il faudra faire des achats in-app pour avoir des petits plaisirs !

Conclusion

Super surprise que cette série qui a tout pour plaire : de l’humour, de l’émotion, du suspense. Le traitement de la vie après la mort y est intéressante. Peut-être que nous serons un jour mémorisés dans un disque dur et que nous nous retrouverons tous dans un monde comme le très existant Second Life…