- Catégorie : film
- Titre : Hook ou la revanche du Capitaine Crochet
- Acteurs : Robin Williams, Dustin Hoffmann, Julia Roberts, Maggie Smith
Nouvelle échappée spéciale Robin Williams avec ce film qu’on nous ressort à tous les Noël !
Résumé – Hook : le busy daddy
Alors là aussi (après Madame Doubtfire), on a un père à côté de ses pompes mais pas dans le même genre. Peter Banning est un avocat très sérieux. Tellement sérieux, qu’il en oublie complètement sa vie de famille. Il passe à côté des moments essentiels de la vie de père, comme le match de baseball de son fils auquel il avait promis d’assister.
Lors d’un séjour à Londres dans la famille d’adoption de Peter, les enfants se font kidnapper par le Capitaine Crochet. Grand-mère Wendie révèle alors à Peter sa réelle identité : il est Peter Pan. Peter refuse de la croire, jusqu’à ce qu’à son tour, il se fasse embarquer au Pays Imaginaire par la fée Clochette. Là, va alors débuter son apprentissage pour voler et redevenir le vrai Peter Pan pour affronter Crochet et récupérer ses enfants.
J’ai adoré cette scène du repas imaginaire et la bataille avec Rufio :
Ici encore Robin Williams incarne un personnage drôle, qui va faire des mimiques terribles mais qui aura aussi beaucoup de tendresse. La scène de fin est particulièrement émouvante :
Peter a presque oublié pourquoi il est venu tant il s’amuse avec les enfants perdus. Mais il doit retourner chez lui avec Mary et Jack, quitte à devoir abandonner les enfants perdus qu’il promet de ne pas oublier cette fois.
Mon avis
Il y a des passages très émouvants dans ce film. En particulier la scène où il est avec Clochette dans l’ancienne maison de Wendie. Il y explique qu’on lui avait tracé un destin très sérieux et qu’il avait préféré s’enfuir. Puis il avait été trouvé par Clochette et emmené au Pays Imaginaire. Il était le premier des enfants perdus. Mais il avait voulu revenir, trouvant malheureusement fenêtre fermée. Alors il avait visité des fenêtres jusqu’à en trouver une ouverte, celle de Wendie :
J’aime ce film d’amour car il montre combien on oublie facilement son enfance pour grandir et devenir quelqu’un d’important, de sérieux ; combien on s’enferme dans notre rationalité d’adulte alors que la vie pourrait être un jeu ; que parfois on préfère grandir trop vite pour oublier les blessures de l’enfance.
Réflexions sur Peter Pan
J’ai eu ma période « Peter Pan » avec Hook bien évidemment mais aussi Finding Neverland avec Johnny Depp. Je me suis beaucoup penchée sur l’histoire de Sir Barrie et sur le personnage de Peter Pan.
James Barrie a vu son grand frère David (et enfant préféré de sa mère) mourir quand il avait 6 ans. A partir de là, il a essayé de remplacer ce frère disparu auprès de sa mère, quitte à s’habiller avec ses vêtements. Sa mère toutefois se consolera en se disant que David restera pour toujours un enfant, pur et innocent. Cette réflexion va inspirer largement James dans ses romans.
Une analyse dans Peter Pan serait que le Pays Imaginaire est en fait le paradis tel que l’imagine James et où vivrait tous les enfants morts, les enfants perdus. Cela donne une autre lecture de Hook et de l’histoire de Peter Banning…
La peur de la mort et du temps qui passe sont très présentes dans Peter Pan. Le crocodile et son tictac ou la phobie des horloges du capitaine Crochet sont des rappels du temps qui n’épargne personne. Ce passage du temps implique également de vieillir (et donc de mourir). C’est pourquoi Peter ne veut pas grandir et l’interdit à tous les enfants perdus. En effet, on oublie souvent que les enfants perdus sont chassés ou tués par Peter lui-même si ils ont le malheur de grandir… Ambiance ! On est loin de l’enfant doux, joyeux et innocent qu’on se figure en Peter Pan !
Ce qui nous amène au syndrome de Peter Pan, dont les hommes qui ne veulent pas devenir adultes sont atteints (apparemment les femmes n’ont pas l’air d’y avoir le droit)…. Mais en gros, cela commence à se déclencher quand les choses deviennent sérieuses pour l’adolescent. Au programme et sur différentes phases et tranches d’âge, narcissisme, procrastination, instabilité émotionnelle, misogynie… (car oui une femme de caractère et qui sait ce qu’elle veut ça fout les jetons !). On est loin du concept gentillet d’adulescent.
Dans Hook, on voit bien ce phénomène : une fois que Peter a retrouvé ses pouvoirs et se souvient du Pays Imaginaire, il oublie complètement pourquoi il était venu, quel adulte il était et les responsabilités qu’il a vis-à-vis de ses enfants. Robin Williams joue merveilleusement bien ce double rôle : le père très sérieux, hyper préoccupé par son travail, très adulte face aux enfants perdus mais également le gamin qui a envie de jouer et qui est limite euphorique (trop de fraises tagada, moi je dis !).
Le complexe de Peter Pan a inspiré beaucoup d’artiste dont Diam’s dont la chanson Peter Pan me met fortement en joie !
Cela me fait penser à cette super vidéo de Raphaël Descraques (scénariste que j’adore) : Le règne des enfants :
Dans cette vidéo, les adultes craquent complètement et abandonnent leurs responsabilités pour aller jouer à des jeux d’enfants. Seuls deux adultes résistent… Mais résistent-ils vraiment ? Est-ce que ce n’est pas une forme de jeu de se cacher dans des souterrains et de jouer au héros ? Et puis est-ce qu’on est seulement jamais adulte ? Est-ce qu’on ne reste pas tout le temps des enfants dans le fond ?
Un équilibre doit sans doute être trouvé entre prendre ses responsabilités d’adulte (il faut bien faire tourner le monde et payer les factures !) et garder un esprit et des yeux d’enfant sur le monde pour ne pas trop se prendre au sérieux et continuer de croire qu’on peut changer le monde avec un peu d’imagination !
Conclusion sur Hook
J’adore ce film. Même si je n’en ai pas parlé avant, la bande son de John Williams est juste géniale. J’aime la transformation du père qui se perd un peu dans l’affaire. On peut peut-être y voir un pétage de plomb, avec crise d’ado (ou de la quarantaine) où on envoie tout péter (la femme, le boulot, les gosses)… Après tout, le personnage de Peter Banning est peut-être aussi un Peter Pan mais version adulte : il oublie les gens qui l’aiment, ne se préoccupant que de lui-même, abandonnant les siens pour ses propres aventures. Robin Williams est magistral dans ce rôle. Il est le père à côté de ses pompes, trop adulte, qui a voulu oublié le passé douloureux, et en même temps le père déjanté, le Peter Pan qui fait des combats de bouffe.
A revoir d’urgence sans attendre Noël !