Echappées, Série

Echappée #60 : Dash & Lily

  • Catégorie : série
  • Titre : Dash & Lily
  • Casting : Austin Abrams & Midori Francis

Décembre est synonyme de joie, d’espoir, d’excitation, d’esprit de Noël eeeeeeet… de téléfilms de Noël ! Mais cette année, la magie de Noël n’a pas opéré sur moi. Impossible de ne pas lever les yeux aux ciels, navrée de la bêtise et la pauvreté des scénarios des histoires d’amour à la sauce de Noël. Et pourtant… la pépite existait ! Et il aura fallu attendre janvier pour qu’elle me soit révélée !

L’histoire

Dash se promène dans sa librairie préférée quand il tombe par hasard sur un carnet dans lequel une jeune fille propose d’apprendre à la connaître à travers des défis. Il se prend au jeu et va en retour proposer des expériences à Lily. Les deux jeunes gens vont ainsi se découvrir à travers leurs échanges épistolaires sans jamais se rencontrer. Et bien évidemment, on se doute que l’amour va montrer le bout de son nez !

Voici la bande annonce qui vous fera découvrir un peu l’univers :

On est sur de la série pour ado (pour l’instant 1 saison de 8 épisodes de 20 minutes) mais c’est ultra mignon, super adorable, et vraiment feel-good. Comme je vous le disais, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas eu un coup de foudre pareil pour une love story de Noël comme celle-là !

A part Love Actualy, cela fait bien longtemps que les comédies romantiques n’ont plus trop leur place au box office.

Réflexions

Les téléfilms de Noël, une formule éculée

Prenez Jennifer, ou Sam, ou Kimberley, ou un prénom bien américain. Elle vit à New York, ou Boston, ou LA et est clairement workaholic, souvent sous l’emprise d’un boss toxique qui l’exploite jusqu’à la limite du burn out… Mais clairement c’est une success woman ! Oui mais voilà, pour une raison ou une autre, elle va devoir rentrer pour les fêtes de Noël dans son patelin paumé du fin fond d’un vieil état tout pourri que personne ne connait. Mais attention, un état où il fait forcément assez froid pour qu’il y ait de la neige, sinon c’est pas Noël. Là-bas, elle va forcément rencontrer une difficulté (sa voiture qui tombe en panne, ses parents au bord de la faillite ou que sais-je) et c’est un charmant jeune homme du cru qui va lui venir en aide. Le jeune homme est forcément célibataire, il peut être son premier amour de jeunesse ou un étranger qui vient d’arriver en ville. Mais quoi qu’il arrive ça doit être un bon gars de la campagne qui aime la nature et les choses simples. Avec lui, plus besoins de chaussures à talon, vous pouvez y aller en moonboots-piloupilou, il kiffe. Bien sûr, il y a le douloureux choix à faire entre sa vie à la grande ville et l’amour ici. Heureusement, ce sont les valeurs centrales de l’amour, la famille, la nature, la simplicité qui vont primer… Happy end !

A priori, vous avez ici le pitch d’à peu près tous les téléfilms de Noël. C’est dire combien le scénarios est original à chaque fois.

Famille, amour, oubli de soi

Mais cette année, impossible d’avaler cette soupe sans lever les yeux au ciel. Bon sang mais c’est pas possible ! Ce qui me dérange le plus, c’est ce prosélytisme autour d’un modèle ultra tradi, qui serait l’unique façon de réussir sa vie.

En effet, on critique ouvertement la réussite féminine. C’est vrai que, pour peser dans le game, on demande aux femmes d’oublier leur vie perso, leur famille et de se consacrer uniquement au travail pour atteindre leurs objectifs de carrière. Aux hommes aussi d’ailleurs, mais quelque part cela semble moins grave qu’un homme soit dédié à son travail, peu enclin à faire une famille. Ici, vouloir réussir professionnellement avant tout c’est mal ! Enfin non, pas mal, c’est juste que vous passez à côté de votre vie !

Car oui, pour avoir une bonne vie, il faut se recentrer sur des valeurs simples. La famille par exemple ! Car oui, c’est important de retrouver sa famille pour Noël et de se rapprocher car la grande ville est si loin d’eux ! Mais ça, ça marche quand on n’a pas de famille toxique ! Et ne faites pas genre, en vrai, tout le monde a une famille toxique !!! Alors non, vivre dans le même bledouille que l’intégralité de sa famille n’est pas forcément l’idée du siècle.

Et puis il y a l’appel de la nature et le retour aux choses simples, car c’est bien connu, en ville, on est superficiel ! Je trouve ce raccourci exaspérant ! Bien sûr qu’on rêve tous d’aller respirer l’air pur des montagnes de temps en temps… Mais tous les jours, bah pas pour tout le monde, et c’est OK ! C’est sûr qu’après ces mois de confinement, on est beaucoup à rêver d’aller s’installer dans le fin fond des Vosges pour faire des câlins aux arbres à chaque promenade (et ne me piquez pas l’idée !) mais avouez que dans le monde normal, c’est chouette aussi d’être dans une ville qui bouge, toujours en mouvement, certes épuisante mais tellement riche !

Et enfin, le fameux couple cliché : bizarrement dans ces films, pas trop de métissage, surtout pas de romance homosexuelle, pas de vieux (ça ferait fuir l’audience de la jeune trentenaire célibataire qui regarde ça pour se rassurer sur son célibat qui, c’est sûr, va finir à Noël grâce au Père Noël !)… On est sur du jeune trentenaire bien propré… pas un cheveux qui dépasse… Et c’est bien triste ce manque de diversité !

La fin des comédies romantiques

Je suis de cette génération qui a grandi avec les classiques de la comédie romantique : Love Actually, 30 ans sinon rien, 27 robes, Je te promets, Donne-moi ta main, le journal de Bridget Jones etc… Katherine Heighl et Rachel McAdams étaient mes héroïnes et je voulais leur vie, leurs histoires d’amour… Oui bon bah j’étais une jeune femme naïve et fleur bleue que voulez-vous !

Alors que les années 2010 regorgeaient de comédies romantiques, l’offre s’est affreusement appauvrie depuis. Bien sûr, il y a des séries interminables où à chaque fois la jeune femme se retrouve au cœur d’un triangle amoureux, incapable de faire son choix, qui va de l’un à l’autre… Mais ça n’a plus la même saveur. Il faut se taper un certain nombre de saisons avant d’arriver au baiser final, apothéose de n’importe quelle bonne comédie romantique.

Serait-ce une évolution de notre société où désormais les blockbusters ne sont plus que des adaptations de comics, des films post apocalyptiques ou chiants comme la mort traitant de sujets vraiment pas marrants de la vraie vie ? Même les séries pour teenagers ont une dimension sexuelle prononcée. Suis-je devenue trop vieille et désabusée pour m’intéresser aux dernières comédies qui sortent, qui me paraissent toujours plus cucul, à la façon d’un téléfilm de Noël ? Ou est-ce la société qui, comme l’expliquait Eva Illouz dans Pourquoi l’amour fait mal, s’est transformée au sujet de l’amour, des rencontres et de la sexualité ?

Est-ce qu’on aurait user le filon à tel point que le romantisme soit éculé ?

Conclusion

Et bien non ! Justement, avec une mignonne petite série comme « Dash & Lily » je retrouve la foi. Oui il est possible de raconter la naissance d’un amour sans y mettre du cul, sans faire du racoleur, sans aborder les grands sujets de société. Oui il est possible de traiter du romantisme sans en faire quelques choses de grotesques dont on pourrait se moquer. Peut-être est-ce l’apanage des histoires d’apprentissage, où les héros sont encore purs, naïfs, un peu candides et pas encore pervertis par les applications de rencontre…

Toujours est-il que cela fait du bien ! Cela m’avait manqué ! J’ai enfin pu savourer mon histoire de Noël… comme quoi, la magie de Noël existe peut-être !

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