- Catégorie : série
- Titre : Mum
- Casting : Lesley Manville, Peter Mullan, Sam Swainsbury et Lisa McGrillis
L’amie qui m’a fait connaître cette série avait des étincelles dans les yeux quand elle en parlait. Et je comprends parfaitement pourquoi maitenant. En ces temps difficiles et pas très joyeux, cette petite série apporte un peu de fraicheur !
L’histoire
Le premier épisode s’ouvre sur Cathy, 59 ans, le jour de l’enterrement de son mari. On va découvrir son fils Jason qui a la vingtaine, qui est gentil mais pas franchement débrouillard. Il nous présente sa petite amie Kelly, très familière et clairement nunuche. Il y a également le frère de Cathy, Derek, qui est prêt à tout pour satisfaire sa compagne Pauline qui est extrêmement snob et le fait bien sentir. Pour compléter le tableau, il y a les beaux parents de Cathy, Reg et Maureen, qui ont décidé d’être sans filtre… Et enfin il y a Michael, l’ami de toujours qui semble clairement en pincer pour Cathy.
On voit interagir tout ce petit monde et surtout comment Cathy fait face avec grâce, humour et délicatesse à tout cet entourage bien toxique !
Un petit aperçu avec le trailer :
La série est disponible en replay sur Arte TV donc allez-y foncez !
Réflexion
Une héroïne atypique
C’est rare d’avoir une série dont le personnage principal est une femme de soixante ans. Ici, Cathy, interprétée par Lesley Manville, est une future sexagénaire. Bien qu’elle prenne soin d’elle, elle n’est pas refaite de partout et fait son âge. On la voit en jogging, toute pimpante ou plus classique. C’est la Madame Tout le monde. Et ça fait du bien !
Car oui, malgré son âge, Cathy est belle, gracieuse. Est-ce grâce à sa douceur ? Toujours est-il qu’elle s’impose comme un modèle : elle feint l’air surpris à merveille, a toujours un mot gentil pour tout le monde. Mais il ne faut pas la croire dupe. Elle sait aussi se moquer des travers des gens.
A la réflexion, ce personnage n’est pas sans me rappeler Odette Toulemonde, interprétée par Catherine Frot, dans le film éponyme réalisé par Eric Emmanuel Schmitt avec Albert Dupontel. Là, nous avons affaire à une vendeuse d’une quarantaine voire petite cinquantaine d’années qui vit avec ses deux enfants en Belgique. Elle tient à remercier son auteur préféré car lui, arrive à retranscrire la vie des petites gens, et à montrer que dans chaque vie il y a quelque chose de beau. Quand cet écrivain à succès débarque dans son petit appartement à cause d’un burn out, elle reste la même, femme simple mais douce, drôle et charmante. Le personnage d’Odette Toulemonde et hyper attachant pour ça. Elle est belle malgré son âge, elle n’a pas de super pouvoir mais a un grand cœur et c’est ça qui fait toute la différence.
Pourquoi mordre ?
Le tour de force de cette série c’est que, malgré les profils assez antipathiques que je vous ai dépeint, on les trouve attachants. En effet, au fur et à mesure de la série, on va voir poindre une fêlure dans leur personnage. Leur arrogance, leur méchanceté, leur bêtise cache en fait une blessure qu’on va apercevoir. Il n’y aura pas de longs épisodes pour revenir sur ce qu’ils ont vécu pour expliquer ça. Non, juste une allusion comme ça, qu’on saisit au vol. C’est superbe !
Cela amène à reconsidérer autour de soi les gens qu’on trouve insupportables. Pourquoi font-ils ça ? Pourquoi mordent-ils ? Sont-ils vraiment méchants ou le font-ils parce qu’ils ont mal et qu’ils ne veulent pas qu’on les approchent ? Restes de réflexe animal sans doute… Aussi, il est bon de prendre le parti de Cathy et de les traiter avec gentillesse et sans jugement. Une amie m’avait déjà fait ce genre de réflexion lorsque je me plaignais de l’agressivité d’une connaissance commune. Elle m’avait dit : « tu sais, moi je la plains surtout. Parce que pour être comme ça, il faut vraiment qu’elle soit malheureuse à l’intérieur. Alors je ne l’envie pas tellement et je suis bien triste pour elle. » Un peu de cette philosophie de vie ne fait pas de mal.
Le charme discret anglais
Ce qui est notable dans cette série, c’est le charme anglais. Alors dans le côté très anglais, il y a le grignotage permanent des personnages : à coup de chips, de barre chocolaté… il vaut mieux ne pas regarder cette série quand on est au régime car alors ça serait une torture. Ce snacking permanent est assez typique des anglais.
Mais au-delà de cette caractéristique anglaise, ce qui fait vraiment le charme de cette série, c’est la pudeur des sentiments des personnages. Ils ont tous du mal, chacun à leur niveau, à exprimer leur sentiment. Cathy est l’incarnation de la sainte qui va souffrir en silence et tout prendre en direct, avec le sourire. On aime aussi le tourment de Michael qui ne sait pas comment exprimer ce qu’il ressent pour Cathy. Et tous les autres sont pareils. Il y a une forme de non-dit, pas forcément par lâcheté mais plus par pudeur. Rien ne doit transparaître de leurs émotions.
Je ne sais pas si c’est un héritage victorien ou une culture moins sanguine que la nôtre plus latine mais en tout cas cela semble assez typique. C’est à la fois admirable de vouloir protéger les autres en ne partageant pas ses peines ou sa colère, et en même temps très dommage car parfois il vaut mieux exprimer les choses une bonne fois pour toute plutôt qu’adapter un mode passif-agressif !
Conclusion
Cette petite douceur fait du bien à l’âme et au moral. J’aime la merveilleuse Cathy qui est un ange face à la clique qui l’entoure ! Mais je trouve très attachants les autres personnages. Il faudra attendre plusieurs épisodes pour certains afin d’attraper ce petit élément qui vous fera fondre mais à la fin, ils vous feront tendresse comme on dit en italien !
Alors foncez, c’est sur Arte TV en replay, seulement 3 saisons pour l’instant !